

Grand roman de mœurs, Oblomov offre une satire mordante des petits fonctionnaires et des barines russes. La première partie du texte constitue un véritable morceau de bravoure, irrésistible de drôlerie, décrivant les multiples tentatives toutes vouées à l'échec d'Oblomov pour sortir de son lit. La profondeur du roman et la puissance du personnage n'ont pas échappé à des philosophes comme Levinas.
L'inertie du héros est moins une abdication que le refus farouche de tout divertissement. L'humour et la poésie sont au service d'une question que Gontcharov laisse ouverte : et si la paresse, après tout, était moins un vice qu'une forme de sagesse ?
En 1847, il publie son premier roman Une histoire ordinaire. Il donne l’année suivante des fragments de son chef-d’œuvre Oblomov, dont il achève la rédaction dix ans plus tard. En 1869, il publie son dernier roman Le Ravin, un procès du nihilisme.
Haut fonctionnaire impérial, Gontcharov fut d'abord employé au ministère de l’Instruction publique, puis attaché au ministère des Finances en 1852. On lui confie alors la tâche d’établir les premières relations commerciales avec le Japon, contrée lointaine et fermée. De cette mission, Gontcharov laisse un récit de voyage, La Frégate Pallas. En 1855, sous le rêgne d'Alexandre II, il est nommé à la censure, puis conseiller d’État aux affaires de presse (1863).
Son œuvre littéraire comporte de nombreux récits, essais, portraits, critiques de théâtre ou de tableaux, articles, nouvelles, contes, poésies, correspondances notamment avec le frère du tsar, des traductions (Friedrich von Schiller, Goethe, Winckelmann, Eugène Sue et autres) et des analyses critiques d’auteurs français (Balzac, Zola, Flaubert, les frères Goncourt) ou russes (Lermontov).

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