" Sans but, j'ai pris la direction de la gare, où j'ai acheté un sucre d'orge à un marchand ambulant, que j'ai donné à mon fils, puis, l'idée me traversant l'esprit, j'ai acheté un ticket pour Kichijôji et je suis montée dans un train. Là, me tenant à une poignée, je regardais vaguement une affiche suspendue au milieu de l'allée, quand j'ai vu le nom de mon mari. C'était une publicité pour une revue dans laquelle il publiait un long essai intitulé François Villon. Tandis que je contemplais ce titre et le nom de mon mari, des larmes de douleur, je ne sais pas pourquoi, ont jailli de mes yeux et embué ma vue. "
" A voix haute il lui lit des contes comme Momotarô, Le Mont Crépitant, Le Moineau à la langue coupée, Les Deux Bossus ou Monsieur Urashima. Bien qu'il soit pauvrement vêtu et qu'à sa figure on le prenne pour un idiot, ce père est loin d'être un homme insignifiant. Il possède en effet un art vraiment singulier pour imaginer des histoires. Il était une fois, il y a bien, bien longtemps... Ainsi, tandis qu'il lui fait la lecture de sa voix étrange et comme stupide, c'est une autre histoire, toute personnelle, qui mûrit au fond de son coeur. " Voici des contes populaires qui figurent parmi les plus célèbres au Japon et auxquels le grand écrivain Dazai Osamu (1909-1948) donne une interprétation personnelle par la voix d'un narrateur quelque peu original, censé les lire à sa fille dans un abri antiaérien.
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